Le bras de fer Israël-Iran se poursuit

Le dossier du nucléaire iranien est loin d’être clos. Il y a deux semaines, La Grande Époque publiait un article spéculant sur l’éventualité de frappes militaires contre l’Iran. À cette étape, les déclarations d’officiels de l’État hébreu et de la république islamique, puis les rencontres au sommet entre responsables israéliens et américains, tissaient une toile d’indicateurs suggérant un passage plus près de la menace à l’acte. La tension a augmenté d’un cran la semaine dernière lorsqu’un média américain a révélé qu’Israël avait effectué un exercice militaire de grande envergure, simulant très possiblement une attaque contre l’Iran.

Le New York Times a fait paraître la nouvelle le 20 juin. Selon des responsables du Pentagone, interrogés par le quotidien, l’exercice n’indiquerait pas qu’Israël ait décidé de lancer une frappe contre l’Iran ou qu’un tel acte soit imminent. Les propos des individus, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, étaient néanmoins clairs concernant la cible.

Le gouvernement israélien n’a pas confirmé la tenue d’un tel exercice.

Une centaine d’avions de chasse F-15 et F-16 auraient effectué des manœuvres au-dessus de la Méditerranée au début du mois de juin, parcourant des distances équivalentes à celles nécessaires pour faire le trajet entre Israël et l’Iran.
Une sorte de «diplomatie des avions de chasse», si on veut. Sanctions et menaces, ces dernières années, n’ont rien fait pour faire fléchir la volonté de Téhéran.

Selon une des sources du New York Times, le message ne devait pas être envoyé seulement à l’Iran, mais aux autres puissances également pour démontrer qu’Israël n’entend pas plaisanter. «Ils voulaient que nous le sachions, ils voulaient que les Européens le sachent, et ils voulaient que les Iraniens le sachent [...] Beaucoup de signaux sont émis à divers niveaux.»

Mais selon certains experts et responsables israéliens, la capacité militaire de l’État hébreu ne serait pas assez grande pour porter un coup fatal au programme nucléaire iranien. Selon des spécialistes interrogés par l’agence Reuters, 1000 frappes pourraient être nécessaires pour accomplir ce but.

«Cent avions de guerre sont suffisants pour un raid, mais pas assez pour une campagne aérienne, et c’est ce qui est nécessaire pour s’occuper efficacement des capacités nucléaires de l’Iran», estime un responsable cité par Reuters.

Le régime iranien a réagi promptement à ce dernier développement. «Cela confirme le point de vue de la République islamique d’Iran que [Israël] est un dangereux régime et un obstacle à la paix et au calme dans la région et le monde», a déclaré le porte-parole de Téhéran, Gholamhossein Elham.

Quant aux mesures incitatives proposées à Téhéran par les puissances mondiales visant à geler son enrichissement d’uranium, elles ont été essentiellement balayées du revers de la main. «La République islamique d’Iran poursuit sans relâche l’enrichissement», a déclaré à la radio-télévision nationale Ali Asghar Soltanieh, représentant de l’Iran à l’Agence internationale de l’Énergie atomique (AIEA).

L’Iran possèderait actuellement environ 3000 centrifugeuses, soit dix fois plus qu’il y a deux ans, l’élément essentiel à l’enrichissement et pouvant produire la substance nécessaire à la construction d’armes nucléaires. Téhéran insiste que son programme a seulement des visées civiles.

Le directeur-général de l’AIEA, Mohamed ElBaradeï, a pour sa part indiqué qu’il quitterait son poste advenant une frappe contre l’Iran. «Je ne pense pas que ce que je vois aujourd’hui en Iran, ce soit un danger actuel, grave et pressant. Si une attaque militaire était opérée contre l’Iran en ce moment [...] cela me mettrait dans l’impossibilité de poursuivre ma tâche», a-t-il déclaré dans une entrevue à la chaîne Al Arabiya.

Selon M. ElBaradeï, une opération militaire contre l’Iran «serait la pire des choses [...] Elle transformerait la région en une boule de feu».

«En cas de frappe militaire, cela signifiera que l’Iran, s’il ne fabrique déjà des armes nucléaires, se lancera dans une course intensive pour produire des armes nucléaires avec la bénédiction de tous les Iraniens, y compris ceux de la diaspora», a-t-il ajouté.

Le candidat démocrate à la Maison-Blanche, Barack Obama, a de son côté affirmé qu’Israël était en droit de se préparer à contrer la menace iranienne. Le président iranien, Mahmoud Ahmedinejad, a déclaré à plusieurs reprises qu’Israël devait être «rayé de la carte».

«Et il ne fait par conséquent aucun doute que l’Iran représente une menace extraordinaire pour Israël et qu’Israël a toujours raison de prendre des décisions assurant sa sécurité», estime Obama.

Avec Reuters.

Publié dans: on juin 25, 2008 at 7:51 Commentaires (0)
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Rumeurs de guerre

Une série d’indicateurs pourraient laisser croire à une prochaine intervention militaire contre l’Iran. Mais durant les dernières années, différents évènements et déclarations ont également laissé planer, à plusieurs reprises, l’imminence d’un tel geste. En quoi la situation actuelle est-elle différente? Les trois dernières semaines, dans l’actualité connue du public, ont été riches en évènements significatifs.

Le 6 juin, un haut responsable israélien a déclaré qu’une attaque contre l’Iran était pratiquement inévitable. «Si l’Iran continue avec son programme de développement d’armes nucléaires, nous allons l’attaquer. Les sanctions sont inefficaces», s’est confié au quotidien Yediot Ahronot le vice-premier ministre, Shaul Mofaz.

«Attaquer l’Iran, pour mettre fin à ses plans nucléaires, sera inévitable», a ajouté M. Mofaz, également ministre du Transport et ex-ministre de la Défense.

Des responsables israéliens ont sévèrement critiqué M. Mofaz et l’ont accusé d’utiliser cette tactique pour augmenter sa visibilité politique. On estime que Mofaz souhaite obtenir le poste de premier ministre.

Mais ses propos faisaient écho – avec un peu plus de piquant – à une déclaration de l’actuel premier ministre quelques jours plus tôt.

«La communauté internationale a le devoir et la responsabilité de clarifier à l’Iran, par des mesures drastiques, que les répercussions de sa poursuite continue d’armes nucléaires seront dévastatrices», a déclaré Ehud Olmert.

Même son de cloche chez un troisième ministre israélien au cours de la même période. «Ces jours-ci sont décisifs, et l’inhabileté à construire un consensus international contre l’Iran sera interprétée dans notre région comme [un signe de] faiblesse», aurait affirmé la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, dans une rencontre à huis clos.
Suite aux affirmations de M. Mofaz, la Maison-Blanche n’a pas voulu déclarer si elle appuierait une frappe d’Israël contre l’Iran, se limitant à dire que la politique américaine sur l’Iran avait été assez clairement énoncée dernièrement. Washington dit vouloir gérer cette affaire par la diplomatie, mais «l’option militaire est toujours sur la table».

L’Iran insiste toujours que son programme nucléaire n’a pas de fins militaires. Un rapport du renseignement américain l’année dernière suggérait que Téhéran avait abandonné la recherche d’armes nucléaires en 2003.

Néanmoins, l’Iran demeure la plus grande menace régionale pour Israël et les États-Unis de par son soutien actif au Hezbollah libanais, au Hamas palestinien, à l’insurrection chiite irakienne, etc.

Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, est quant à lui un habitué des menaces proférées contre l’État hébreu. Il a, la semaine dernière également, déclaré qu’Israël allait disparaître, avec ou sans la participation de l’Iran.

«Le président [George W.] Bush est très intéressé à une attaque militaire contre l’Iran», a-t-il aussi affirmé, selon Reuters. «Le peuple iranien est la nation du monde la plus attachée à la paix, mais nous croyons que la paix peut être durable et sensée seulement lorsqu’elle est fondée sur la justice.»

Plusieurs sont d’avis que l’administration Bush lancera une attaque contre l’Iran avant la fin de son mandat. Le National Intelligence Estimate de l’année dernière, qui indiquait que l’Iran avait cessé de chercher à développer l’arme nucléaire, avait toutefois refroidi la rhétorique anti-iranienne du président américain.
Mais Washington pourrait avoir d’autres cartes dans son jeu pour justifier une attaque. Sans aucun doute l’Iran développe une capacité pouvant produire des armes nucléaires, et l’instabilité en Irak lui est en partie attribuée.

Outre les déclarations de politiciens à l’emporte-pièce laissant présager un conflit, tant du côté israélien que du côté iranien, d’autres évènements pourraient être interprétés comme des signes avant-coureurs d’une frappe préventive.

Ehud Olmert était aux États-Unis la semaine dernière pour discuter avec le président américain. Bien que peu d’informations aient filtré sur la nature précise de leurs échanges, il semblait évident que le thème principal concernait le cas de l’Iran. Selon le Jerusalem Post, Olmert serait sorti de cette rencontre avec «moins d’interrogations» sur comment gérer la question iranienne.

Au même moment où Olmert visitait Bush, le directeur du renseignement américain, Mike McConnell, était en Israël pour rencontrer les responsables de l’espionnage. On est porté à croire qu’il s’agissait d’une expérience visant à mettre au même niveau les informations des deux pays sur l’Iran, de manière à ce qu’une stratégie conjointe puisse être établie. Car le National Intelligence Estimate de 2007 avait été autant un coup dur pour Bush que pour Israël.

Ajoutant à ces échanges fréquents, le président américain était en Israël à la mi-mai.
Les frappes préventives israéliennes contre des installations nucléaires ont deux précédents, soit l’Irak au début des années 1980 et la Syrie l’année dernière. Selon le renseignement américain, l’armée de l’air israélienne aurait détruit un complexe nucléaire syrien construit avec l’aide de la Corée du Nord.

Outre le front iranien, Israël serait en train de préparer une offensive contre la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas depuis un an.

Advenant une frappe contre l’Iran, il serait normal qu’autant le Hamas que le Hezbollah lancent des ripostes contre l’État hébreu. Lors du conflit ouvert entre Israël et le Hezbollah en 2006, l’organisation chiite radicale avait prouvé son efficacité en résistant à l’incursion israélienne en sol libanais.

Deux ans plus tard, le Hezbollah pourrait être encore plus fort et il a démontré son potentiel organisationnel dernièrement lorsqu’il a renversé, avec violence et barrages routiers, la décision du gouvernement libanais d’éliminer son système de communications.

Une opération d’Israël dans la bande de Gaza pourrait être un préalable à toute action contre l’Iran, question de neutraliser un front.

Selon Gordon Thomas du G2 Bulletin, une publication spécialisée dans le renseignement, Hamas et Hezbollah, sous la direction de leur maître l’Iran, prépareraient une offensive coordonnée contre Israël cet été. Thomas se réfèrerait à de l’information obtenue provenant du très secret MI6 britannique, organe chargé de l’espionnage extérieur.

Le MI6 saurait, selon Thomas, que les Gardiens de la révolution iraniens ont entraîné des centaines de combattants du Hamas dans diverses techniques, allant de l’utilisation d’armes antichars, à la cueillette de renseignements et l’infiltration de villes israéliennes.

Il est impossible de vérifier ces informations. Tout de même, un été chaud en perspective.

Avec Reuters, Jerusalem Post, BBC News, G2 Bulletin, Telegraph.

Publié dans: on juin 10, 2008 at 7:56 Commentaires (0)
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Jusqu’où ira la rhétorique anti-Iran ?

De la guerre des mots à la guerre des bombes, il n’y a qu’un petit pas. Les États-Unis nous ont habitués ces dernières années à ce que les conflits qui se dessinent fassent l’objet d’intenses campagnes de relations publiques. Le coup des «armes de destruction massive» sous l’Irak de Saddam Hussein est encore très frais dans la mémoire. Il n’est pas impossible que ces armes aient été bien cachées ou même déplacées dans un pays limitrophe pour déjouer les inspecteurs de l’ONU. C’est une thèse que certains analystes défendent. Mais les expériences passées racontent que les gouvernements trouvent toujours profitable de diaboliser leurs ennemis et d’amplifier la menace avant de mener une action contre eux.

Le monde est-il victime d’un tel scénario en ce qui concerne la «menace nucléaire» iranienne? À travers la tempête d’informations, les opérations médiatiques et le brandissement des armes, une certaine tendance est facilement identifiable, mais les prochains développements restent pour l’instant toujours flous. Une guerre se prépare-t-elle vraiment, ou s’agit-il seulement d’une stratégie de chantage pour faire plier Téhéran? La thèse du bluff est plutôt faible, compte tenu que l’Iran s’est toujours montré plus ferme et renforcé par les menaces de sanctions, peu importe leur nature.

La «Troisième Guerre mondiale» de Bush
Au niveau de la rhétorique, le président américain George W. Bush a atteint de nouveaux sommets la semaine dernière. «Si vous voulez éviter la Troisième Guerre mondiale», il faut empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire, a-t-il déclaré. Cette affirmation est venue enflammer la scène, surtout qu’elle coïncidait avec la visite du président russe, Vladimir Poutine, en Iran. Nous y reviendrons.

Faire allusion à un autre grand conflit mondial a dû projeter les relationnistes de la Maison Blanche en mode damage control. «Le président n’était pas en train de faire de plans militaires et il ne faisait pas de déclarations», a suggéré après coup la porte-parole de M. Bush, Dana Perino. «Il utilisait cela comme un point rhétorique.» Est-ce que le président américain en a échappé une? Ou est-ce que c’était calculé de manière à tester l’opinion publique ou à envoyer un message à l’Iran?

Dans la guerre des mots, l’Iran a répondu que ces déclarations de M. Bush démontraient la faillite de la politique américaine et essayaient d’en détourner l’attention. Abdol Reza Rahmani Fazli, un des dirigeants du Conseil suprême de sécurité nationale de l’Iran, a dit que «les déclarations du président américain, qui prétend que l’Iran cherche à se doter de l’arme nucléaire, font partie d’une guerre psychologique».

Téhéran dit aussi officiellement que les États-Unis n’ont pas la capacité de les attaquer, en raison du bourbier irakien et de l’Afghanistan. «Les Américains n’ont jamais été dans une situation aussi grave, et cela en raison de leurs propres actions», a déclaré le ministre des Affaires étrangères iranien, Manouchehr Mottaki, a rapporté Reuters. Ses propos étaient en réaction à une affirmation du plus haut placé de l’appareil militaire américain, l’amiral Michael Mullen. Ce dernier avait laissé entendre, le 18 octobre dernier, que les États-Unis avaient «plus qu’assez» de ressources pour mener une guerre contre l’Iran, si tel était le choix de l’administration.

Le combat de coqs ne s’est pas arrêté là. L’agence russe Ria Novosti rapportait, le 20 octobre, les paroles du commandant des Gardiens de la révolution iraniens, le général Mahmoud Chaharbaghi : «Durant la première minute d’une attaque de nos ennemis contre notre pays, les unités de missiles et d’artillerie de nos troupes terrestres sont capables de tirer 11 000 missiles et obus sur des cibles que nous connaissons.» Le commandant a commenté : «Une guerre éventuelle ne durera pas longtemps car, dans l’espace de quelques jours, nous allons réduire nos ennemis en cendres. L’ennemi doit se demander quelles pertes il est prêt à subir pour sa stupidité.»

L’échec en Irak
Face à l’incapacité des forces américaines de ramener le calme en Irak, le voisin iranien a, au fil des mois, été présenté de plus en plus comme le bouc émissaire des déboires. Opérateurs iraniens capturés en sol irakien, bombes et missiles provenant d’Iran aux mains d’insurgés, entraînement fourni du côté iranien, bref la liste d’accusations est longue. Dans le langage de certains hauts dirigeants, militaires ou civils, l’Irak est devenu le terrain d’une guerre par pays interposés (proxy war) entre les États-Unis et l’Iran. Les plus critiques des efforts américains n’y voient qu’une machination de Washington pour justifier une intervention militaire en Iran, tandis que les partisans de la lutte contre le terrorisme rappellent que le Hezbollah libanais est un bras du régime des mollahs.

Le rôle d’Israël
Le rôle d’Israël dans cette histoire est déterminant. On retrouve au sein de son administration et du lobby pro-israélien les partisans les plus déterminés d’une approche forte contre l’Iran. Et pour cause, car dans leur compréhension il en va de la survie de l’État hébreu. Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a répété à plusieurs reprises son désir d’en finir avec Israël.

Ces déclarations incendiaires ont suscité la colère, mais n’ont pas déclenché d’actions spécifiques. Mais pour les plus grands détracteurs du régime iranien, les mots d’Ahmadinejad ne représentent rien de moins qu’une incitation au génocide.
Lors de la Conférence mondiale pour la prévention du génocide qui s’est tenue à Montréal du 11 au 13 octobre, un des thèmes abordés était Les racines du génocide : propagande de la haine et banalisation du mal. Le député libéral et ancien ministre de la Justice, Irwin Cotler, a particulièrement parlé du cas iranien. Selon lui, le fait d’écrire «Effacer Israël de la carte» sur un missile Shabbaz et le parader dans les rues de Téhéran représente un signe annonciateur d’un génocide. M. Cotler s’insurge que l’Iran puisse s’en tirer avec de tels gestes. «L’Holocauste n’a pas commencé avec les chambres à gaz, il a commencé avec des mots», a-t-il rappelé.

Des hypothèses suggèrent qu’Israël serait au beau milieu d’un plan d’intervention militaire contre le régime iranien. L’affaire du bombardement israélien en Syrie au début du mois de septembre a fait couler beaucoup d’encre et nous sommes demeurés dans le mystère quant à la motivation exacte.

Selon quelques fuites de l’administration américaine, on en venait à suggérer une certaine implication de la Corée du Nord. Une des théories est la suivante : l’administration Bush cherche la détente avec Pyongyang, à condition qu’elle se départisse de son programme nucléaire. Kim Jong-Il, le «cher» dirigeant communiste, a plus d’un tour dans son sac. Il dit «oui, oui», se retourne et vend le matériel nucléaire à la Syrie. Le bombardement israélien en Syrie aurait visé des installations nucléaires rendues possible grâce à une coopération de Pyongyang. Cette thèse ne fait pas l’unanimité, étant balayée par certains comme un pur non-sens. Elle serait, selon eux, la fabrication d’une clique de gens voulant nuire aux efforts de détente de Bush avec la Corée du Nord.

Tony Blair s’en mêle
L’ancien premier ministre britannique, Tony Blair, s’est joint au canon de voix critiquant l’Iran. Dans son premier discours majeur depuis qu’il a quitté son poste, rapporte BBC News, s’adressant à des gens influents de New York, il a déclaré que l’Iran jouait un rôle déstabilisateur et soutenait le terrorisme. L’homme, fidèle allié de Washington, aurait comparé le discours du régime iranien avec la montée du fascisme dans les années 1920.

Changer de cible
Le célèbre journaliste américain du New Yorker, Seymour Hersh, révélait récemment que l’administration Bush avait décidé de changer de cible dans une éventuelle attaque contre l’Iran. Le souhait de désigner les Gardiens de la révolution iraniens (ou Pasdarans) comme «organisation terroriste» en serait un signe. Plutôt que de cibler des installations nucléaires, Bush-Cheney et compagnie auraient décidé d’attaquer le corps d’élite de l’armée iranienne.

Selon Hersh, ce changement s’expliquerait par plusieurs facteurs. Premièrement, «le président et ses conseillers principaux auraient conclu que la campagne pour convaincre le public américain que l’Iran pose une menace nucléaire imminente aurait échoué (contrairement à une campagne similaire menant à la guerre en Irak), donc qu’il n’y aurait pas assez de soutien populaire pour une campagne de bombardement massive». Deuxièmement, la Maison Blanche aurait reconnu que l’Iran aurait encore besoin de cinq ans avant d’avoir la bombe. Troisièmement, on croirait de plus en plus, à Washington, que l’Iran émerge au Moyen-Orient comme «le champion géopolitique de la guerre en Irak».

Guerre mondiale?
Avec Vladimir Poutine en visite en Iran, la déclaration «rhétorique» du président Bush était-elle si farfelue? Les pays sont à couteaux tirés, et chaque rencontre entre les deux géants visant à «régler des différents» finit plus souvent qu’autrement par une rebuffade de Moscou. Nouvelle course à l’armement et nouvelle guerre froide sont des termes de plus en plus récurrents. Eux aussi ne sont pas farfelus, avec l’ambition non cachée de la Russie de s’imposer concrètement sur la scène internationale.

La plus grande pomme de discorde demeure bien entendu l’Iran, pays avec lequel Poutine souhaite avoir une coopération accrue. Comment réagirait Moscou à des frappes américaines chez son copain voisin?

Le rôle de la Grande-Bretagne serait assez clair et celui de la France, sous le nouveau président Sarkozy, l’est aussi. Les récentes déclarations du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, laissent entendre que Paris se rallierait à Washington plutôt que de faire un pied de nez à Bush semblable à celui sur la guerre en Irak. En ce qui a trait à la Chine, elle rejoindrait naturellement la position russe.

Si la France rejetait l’invasion de l’Irak en raison d’une violation du droit international et de l’absence de l’aval des Nations Unies, il serait intéressant de voir comment elle justifierait une prise de position différente cette fois-ci.

Y a-t-il une solution pour renverser la vapeur? La machine semble bien engagée. Ce qui incombe à présent pour la population occidentale, c’est de demeurer bien vigilante. Ni exagération ou négation de la menace ne prennent en compte tous les aspects de la question.

http://www.lagrandeepoque.com/LGE/content/view/2761/31/

Publié dans: on octobre 22, 2007 at 11:05 Commentaires (0)
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